En France, en 2025, l’entrepreneuriat connaît un élan sans précédent, porté par une génération avide de défis et de sens. Les chiffres record et les initiatives innovantes expliquent pourquoi de nombreux jeunes se tournent vers la création d’entreprise.
Une croissance record des créations d’entreprise
En 2024, la France a enregistré 1 111 200 créations d’entreprise, soit une hausse de 5,7 % par rapport à 2023, déjà année record. Cette performance représente presque le double de la moyenne annuelle observée entre 2010 et 2017, qui s’établissait à 560 000 créations.
Chaque jour, plus de 2 500 entreprises voient le jour, toutes formes juridiques confondues. Près de 40 % des créateurs ont moins de 30 ans, une proportion qui atteint quasiment un tiers en Île-de-France. Le phénomène est tel que les micro-entreprises dominent désormais le paysage : on comptait près de 2,7 millions d’activités de ce type en 2025.
Les moteurs de l’engouement chez les jeunes
Plusieurs facteurs expliquent pourquoi l’entrepreneuriat séduit particulièrement les générations Z et Millennials :
- un contexte économique particulièrement dynamique et des procédures administratives simplifiées, qui réduisent les barrières à l’entrée ;
- la culture de l’échec en mutation : échouer est désormais perçu comme un apprentissage, non comme une stigmatisation ;
- une génération en quête de sens, désireuse d’impacter positivement la société et l’environnement ;
- démocratisation des outils numériques accessibles, permettant de lancer un projet en ligne à coût réduit et à l’échelle mondiale.
Ces dynamiques sont renforcées par des écosystèmes d’accompagnement foisonnants : incubateurs, espaces de coworking, réseaux de mentors et programmes d’accélération comme Station F ou BpiFrance offrent des formations et un mentorat sur mesure.
Facteurs structurels et conjoncturels
Plusieurs éléments structurels soutiennent cette vague entrepreneuriale :
- Des dispositifs publics et privés de financement (Bourse French Tech, subventions territoriales) ;
- Une offre croissante de formations spécialisées dès le lycée et dans l’enseignement supérieur ;
- Une valorisation médiatique de l’entrepreneuriat, le présentant comme une voie de carrière légitime et valorisante.
Selon une enquête CCI/OpinionWay, 27 % des Français souhaitent créer ou reprendre une entreprise. Parmi eux, la proportion de moins de 30 ans est particulièrement élevée, soulignant l’attrait des jeunes pour cet horizon professionnel.
Secteurs porteurs et exemples concrets
Les jeunes entrepreneurs se tournent massivement vers des secteurs en pleine expansion :
- Le numérique, avec une croissance de près de 18 % en 2024–2025 (applications, services en ligne, IA) ;
- L’énergie verte, qui a vu une hausse de 25 % dans la production d’électricité renouvelable ;
- La foodtech et les services à la personne, où l’innovation et la personnalisation créent de nouvelles opportunités.
On peut citer l’exemple de Camille, 25 ans, qui a lancé une plateforme de troc de services en ligne, désormais incubée à La French Tech ; ou de Karim, 28 ans, cofondateur d’une start-up de panneaux solaires modulaires, financée par BpiFrance.
Obstacles et limites du phénomène
Malgré ce boom, la pérennité des jeunes structures reste un défi majeur. Le taux de cessation d’activité demeure élevé au cours des trois premières années, notamment pour les micro-entrepreneurs indépendants.
Les disparités territoriales sont nettes : la dynamique est plus forte à Paris et dans les grandes métropoles, tandis que certaines régions rurales peinent à offrir un écosystème propice. Parfois, les jeunes cumulent plusieurs statuts (étudiant et auto-entrepreneur), et développent leur projet comme un « side-project » avant de s’y consacrer pleinement.
Accompagnement et perspectives d’avenir
Pour soutenir cette génération, les pouvoirs publics et les acteurs privés continuent de multiplier les initiatives :
- Multiplication des incubateurs et accélérateurs de proximité ;
- Programmes de sensibilisation à l’entrepreneuriat dès le lycée ;
- Renforcement des partenariats entre universités, grandes écoles et entreprises pour faciliter l’accès aux compétences et aux réseaux.
L’impact socio-économique est clair : l’entrepreneuriat contribue à la lutte contre le chômage des jeunes, dynamise l’innovation et crée des emplois directs et indirects. À l’horizon 2030, ces tendances pourraient transformer en profondeur le paysage professionnel français.
En conclusion, le record de créations d’entreprise, la jeunesse des porteurs de projets et les nombreux dispositifs d’accompagnement dessinent un avenir prometteur. Si des défis restent à relever, la passion, la créativité et la recherche de sens des jeunes entrepreneurs sont les forces motrices d’une France plus innovante et résiliente.
Références
- https://nugg.ad/fr/entrepreneuriat-france-chiffres-cles-tendances-2025/
- https://www.insee.fr/fr/statistiques/8562374
- https://www.cci.fr/actualites/enquete-2025-les-francais-et-lentrepreneuriat
- https://tool-advisor.fr/blog/chiffres-creation-entreprise-france/
- https://www.demarches.online/lentrepreneuriat-en-france-un-apercu-de-son-evolution-et-des-perspectives-pour-2025/